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EuroMIT 2026, un congrès sur les maladies mitochondriales sous le signe des innovations et des traitements

EuroMIT 2026 a confirmé que grâce aux innovations technologiques, les connaissances sur les mitochondries s’affinent et les maladies qui découlent de leur dysfonctionnement, deviennent accessibles à des traitements. Retour sur le congrès avec Vincent Procaccio, un de ses artisans.

En termes de participation, l’édition 2026 d’EuroMIT a-t-elle rencontré le succès escompté ?

Vincent Procaccio : C’est indéniable. Le congrès a accueilli plus de 900 participants – chercheurs, cliniciens, industriels, associations de patients – et présenté plus de 500 posters et des dizaines de communications orales. La majorité des personnes présentes venait bien sûr d’Europe, mais 45 pays étaient représentés, certains comme la Chine par exemple, de manière plus importante que précédemment. EuroMIT 2026 était vraiment un congrès international dont la très grande qualité scientifique a été soulignée par de nombreux participants.

Y’a-t-il eu des « scoops » ?

V. P. : Je n’appellerais pas ça des scoops, mais les orateurs ont présenté de nombreuses informations et données non publiées. Ça traduit certainement le souhait de faire avancer au plus vite les connaissances et la science pour ces maladies rares et ultra-rares.

En l’occurrence, des avancées en matière de recherche fondamentale ont-elles été présentées ?

V. P. : La mitochondrie reste un organite complexe notamment à cause des multiples copies de son ADN. Néanmoins, il y a eu récemment des innovations technologiques majeures en matière de séquençage du génome, d’analyses multi-omiques sur cellule unique [c’est-à-dire l’analyse dans une cellule de « tous » les gènes, de leur expression et des protéines qu’ils codent, ndlr.], et même d’imagerie de ces organites. Ce sont des innovations clés qui permettent de mieux comprendre les mécanismes physiopathologiques et la dynamique de ces centrales énergétiques indispensables aux cellules.

Qu’en est-il des approches thérapeutiques et de leur développement ?

V. P. : Le congrès a illustré l’existence d’une vague d’essais cliniques dont certains sont très avancés. Ainsi, les études qui ont permis au Kygevvi® (doxecitine et doxribtimine) d’obtenir une autorisation de mise sur le marché pour le déficit en Tk2 en Europe et aux États-Unis, ont été largement documentées.

Une autre présentation a porté sur le sonlicromanol qui est actuellement évalué lors d’une phase 3 pour le syndrome MELAS. Nous avons également choisi de retracer toute l’histoire du sildénafil, des études fondamentales à l’essai clinique qui est en cours d’organisation pour le syndrome de Leigh.

Par ailleurs, concernant la thérapie génique, il a été montré que des innovations technologiques devraient permettre de répondre à la complexité des maladies associées à des anomalies de l’ADN mitochondrial. Il apparaît en effet possible de corriger cet ADN grâce aux techniques de l’édition de gène.

Enfin, grâce à de nouveaux modèles murins du syndrome de Leigh développés dans le cadre du projet MitoDrug que je coordonne et qui est soutenu par l’AFM-Téléthon, nous avons démontré l’intérêt du citrate d’alvérine, un antispasmodique intestinal de la pharmacopée. Ce médicament pourrait être proposé dans les maladies mitochondriales associées au déficit du complexe I. Ce travail va se poursuivre pour confirmer son potentiel thérapeutique dans ces pathologies.

Comment s’est passée la session dédiée aux patients qui était organisée pour la première fois dans le cadre d’EuroMIT ?

V. P. : Là encore, ça a été un succès. La salle était pleine et beaucoup de personnes ont suivi sa retransmission sur Internet partout dans le monde. Les présentations étaient donc en anglais. Mais nous avions choisi des chercheurs et des médecins bilingues anglais et français afin de faciliter les échanges avec les malades présents sur place. Enfin, avec l’AMMi, nous avons prévu de sous-titrer en français, en italien et en espagnol l’ensemble de la retransmission qui sera en accès libre.

Propos recueillis par MitoGether

À l’occasion de la clôture d’EuroMIT 2026, ses organisateurs ont passé le flambeau à Laura Greaves de l’université de Newcastle.

La chercheuse est désormais chargée avec ses collègues britanniques de préparer l’édition 2029 qui aura lieu à Newcastle upon Tyne, au Nord-Est de l’Angleterre.